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Documents Europe News Le nucléaire, un choix de déraison
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Lundi 25 juillet 2011

Areva et EDF signeront ce lundi trois accords techniques et commerciaux, dont l’un portant sur le réacteur de troisième génération l’EPR,  dans l’usine d’Areva de Saint-Marcel avec Henri Proglio, président d’EDF et de Luc Oursel, président d’Areva, en présence d’Eric Besson. Un Éric Besson qui déclare «Le nucléaire, un choix de raison». Manifestement ses raisons ne sont pas les nôtres, tout dépend des intérêts que l’on défend.

Si ce sont les intérêts du gouvernement, ils sont à géométrie variable : Anne Lauvergeon rappelle qu’en 2003, l’Etat veut fusionner Areva et Alstom pour sauver ce dernier de la faillite; en 2004, il promet une ouverture du capital à 40% et y renonce en 2005; en 2006, il s’oppose à l’acquisition d’une mine représentant 35% des réserves mondiales d’uranium; en 2007, nouveau projet de fusion avec Alstom; en 2009, il faut de nouveau démanteler Areva. Elle ajoute que « l’Etat nous a aussi refusé un développement dans l’éolien au prétexte que les énergies renouvelables n’avaient pas d’avenir!".

Si ce sont les intérêts d’Areva, avec une perte de 423 millions d'euros en 2010, une action en chute libre, et une notation dégradée par les agences, il serait impératif de fixer un nouvel équilibre économique. Le renforcement de la sûreté de leurs installations respectives induira un surcoût conséquent, s’ajoutant au manque à gagner dans la vente de combustibles ou dans le retraitement des déchets. Il sera alors tentant de faire comme aux Etats-Unis après le 11 septembre : presque RIEN en matière de sécurité!
Nous pensons qu’il faut arrêter immédiatement les chantiers des 2 EPR dont l’ampleur des travaux sous-estimés a doublé le temps et le coût de construction. Et qu’Areva se donne les moyens d’être numéro 1 mondial dans la filière inexistante du démantèlement, source d’emploi et de productivité.

Si ce sont les intérêts des citoyens, il est impensable de poursuivre dans l’insécurité nucléaire : absence de démocratie, décisions unilatérales justifiées par des « experts » liés aux décideurs, maintenance en sous-traitance entraînant l’insécurité des intérimaires, travail dissimulé sur le chantier EPR de Flamanville, documents confidentiels d’EDF démontrant que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur (risque pris en conscience par EDF par calcul économique), engagements diplomatiques et militaires de protection des sources d’approvisionnement en uranium, déchets nucléaires transportés chaque jour pour un stockage éternel. En cas de nouvel accident après Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima , il nous faudra assumer l’abandon de territoires, les confinements et d’innombrables déchets, des millions de cancers, (400000 pour le Japon prévus par le professeur et expert en radiations Chris Busby), Un coût humain et financier inquantifiable. C'est au-delà de notre compréhension et de notre imagination.
L’incertitude du nucléaire est aujourd’hui certaine : l’Allemagne, la Suisse et l’Italie ont décidé de mettre fin à leur programme nucléaire civil. Le nucléaire, du seul « fait du Prince », a d’emblée été écarté des débats du Grenelle de l’environnement, mais il s'invite, pour la première fois, au programme de la présidentielle. Pour l’éviter, Nicolas Sarkozy a demandé à Eric Besson d'examiner le scénario théorique d'une sortie du nucléaire, à l'occasion de l'étude prospective "Energies 2050 ». Nous pensons que le débat sur le nucléaire doit échapper aux experts et revenir aux citoyens, pour en finir avec cette union sacrée autour du dogme nucléaire civil et de la  foi dans la techno-science . Il nécessite l’engagement sans réserve de toutes les forces morales et spirituelles du pays car c’est d’un choix de civilisation qu’il s’agit. "Etre dans le nucléaire ressemblera plus que jamais, selon le mot d'Anne Lauvergeon lors de son pot d'adieu, à faire du canot en remontant des rapides." Nous ne voulons plus être les seuls à nager à contre-courant de l’histoire.

Nicole Eschmann,
vice-présidente EELV du Conseil régional de Bourgogne

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